Aujourd’hui, Petit cours d’autodéfense intellectuelle à l’usage des blogueuses de notre espèce! Halte à la moutonnite aigue! II est temps de prendre la mesure du matraquage qui nous rend apathiques! et force est de constater que nous nous sommes avides et plutôt connaisseuses des marques qui nous entourent et nous tentent sans relache. Les vilaines nous le rendent en nous transformant (trop souvent) en sansonnets à qui l’on aurait énuclée le cortex.
Incroyable mais vrai: chaque semaine, nous sommes exposés en moyenne à plus de 1000 messages commerciaux.
La publicité souvent portée au rang d’Art, de Culture, de Machine à Rêves s’est immiscée dans chaque interstice de notre vie et nous piste sans relâche: réveil en musique avec des radios le plus souvent subventionnées par les recettes publicitaires. Dès le nez dehors : pollution visuelle avec panneaux publicitaires dans la rue, sur les façades, sur les bus,les taxis, dans les rames de métro sous forme de dispositifs lumineux, auditifs voire olfactifs et j’en passe. Ordinateur allumé, la pub inonde déjà notre écran : bannières publicitaires, animations flash intempestives, fenêtre pop-up.
Sans parler de la télévision, support publicitaire par excellence, imposant images et slogans dans tous les foyers se souciant plus de ” vendre du temps de cerveau humain disponible ” (phrase malheureuse de Patrick Le Lay) que de nous proposer des programmes qualitatifs et enfin, une presse (avec qui, cependant, j’entretiens un rapport des plus cordiaux car abonnée à tous un tas de revues) trop souvent soumise aux exigences des annonceurs.
Mélange d’attraction répulsion, d’agacement et de fatalisme.Manipulation de la conscience. Qui mieux que notre génération peut se permettre cette remise en cause? Génération résignée élevée dans le mythe de la société de consommation nous avons été élevés à coups de slogans lobotomisants, de jingles implacables orchestrés par de grands consortiums internationaux tels que Nike, Mc Donald, Apple, Calvin Klein, Disney, etc…
Instinct de survie face à la prédation de l’économie mondiale. Les casseurs de pub ont plus d’un tour dans leur sac à malice pour faire tomber la grande prêtresse. Utilisant à leur compte les artifices de cette Grande Dame , son esthétique mais en détournant astucieusement logos et claims, ainsi renversés et pervertis, ils n’en dénoncent que mieux les rouages: détournement d’affiches ou campagnes télévisées, déambulations urbaines à des fins de recouvrements.
Ici! une étude Publicité & Société éditée par tns-sofres fort intéressante et rassurante car il en ressort que chez nos amis hexagonaux La consommation et le bonheur ne sont pas corrélés!

Dans la catégorie artistique shocking et totalement blasphématoire, qui retrouvons-nous en tête de gondole ? Jordan Seiler, artiste antipub farouchement opposé à la « marchandisation de la culture et des esprits » ainsi qu’à la privatisation de l’espace public.
En avril dernier, un vent d’activisme anti-commercial a soufflé sur Big Apple. Un raz-de-marée altermondialiste à la sauce StreetArt a déferlé sur les rues de New York, Lower Manhattan plus spécifiquement. Face a des billboards considérés comme illégaux depuis déjà plus de deux ans et à l’inertie d’une mairie désireuse de ne pas froisser les annonceurs ce ne sont pas moins de 120 emplacements soit 6000m² qui ont été repeints en blanc et offerts à l’inspiration d’artistes de la ville commandité par Jordan Seiler du Collectif NYSAT, éditeur du site Public AD Campaign. Cette Opération coup de poing a pour but d’attirer l’attention sur le business de la pub illégale qui envahit la ville et laisser les riverains s’approprier l’espace public dans lequel ils vivent.
Fort heureusement, le Collectif NYSAT voit ses rangs grossir grâce à d’autres initiatives « écolo-humanistes ». Leur trait commun: un second degré assumé, des graphismes de qualité et une arme implacable, un humour totalement irrévérencieux autour d’un même adage: “Ré-enchantons le monde”.

à l’image d’un duo canadien d’artistes qui tendent à transformer les réclames 4X3 en pots de fleurs autour de l’OP Poster Pocket Plants.

ou encore Billboard Liberation Front, fondé par Jack Napier et Irving Glikk, mouvement pionniers de la contestation antipub qui« kidnappe » les affiches de et modifie leur message. Notamment les firmes de tabac.
Adbusters : Basé à Vancouver, le groupe travaille dispose de peu de moyens propres mais s’assure le soutien de nombreux groupes de pression comme Greenpeace. Il reçoit l’aide gratuite et clandestine d’artistes publicitaires se disant « écoeurés » par leur milieu. Il pratique la « culture jaming » (brouillage), détourne la pub contre elle-même et parodie les symboles de notre monde de consommateurs. Agissant dans la légalité, ces « guérilleros de la télévision », parasitent les chaînes à coups de clips anti-pub en achetant du temps d’antenne, n’hésitant pas à porter plainte quand la télévision leur refuse ce temps d’antenne. Ils posent ainsi la question de la démocratie et des médias.
“Utilisez la publicité à bon escient. Ne fuyez pas dans la virtualité, affrontez la réalité. Ré-enchantez le monde. »

Tout ceci au son barré d’Uffie, princesse freestyle et égérie de la scène electro 2.0, de son vrai nom Anna-Catherine Hartley originaire de Miami. Petit prélude à son album “Sex Dreams & Denim Jeans” prévu pour le printemps 2010 avec à l’ordre du jour, une collaboration avec Pharrell Williams, et une equipe de producteurs français impressionnante parmi lesquels figurent Feadz, Mr Oizo, SebastiAn et Mirwais.
Un son qui vous happe dès les premières notes !

